Chez Rodde Aragues Architectes, il y a deux sujets qui reviennent sans cesse dans les réunions, les esquisses, les visites de site, les trajets en voiture et parfois même autour d’un café : l’usage et l’environnement.
L’usage d’abord. Parce que nous travaillons souvent pour des écoles, des équipements sportifs, des lieux de vie, des logements, des bâtiments publics. Bref, des endroits où des enfants apprennent, où des habitants se rencontrent, où des associations s’activent, où des citoyens vivent ensemble.
Et lorsque nous parlons de logements, nous parlons très souvent de logements sociaux : logements locatifs, programmes en Bail Réel Solidaire (BRS), résidences et foyers. Autant de projets qui répondent à des besoins essentiels et qui participent concrètement à la qualité de vie et à la cohésion des territoires.
Des bâtiments qui ne sont pas là pour être regardés, mais pour être utilisés, parfois intensément, souvent joyeusement, toujours durablement.
Alors nous passons un temps presque déraisonnable à imaginer les parcours, les rencontres, les usages futurs. Nous nous demandons où un enfant posera son cartable, où un professeur prendra l’air, où un bénévole rangera une chaise, où un joueur retrouvera ses coéquipiers, où une famille prendra ses habitudes dans son nouveau logement, où un résident se sentira simplement chez lui. Certains diraient que nous nous posons beaucoup de questions. Nous préférons dire que nous cherchons beaucoup de réponses.
Et puis il y a l’environnement. Là aussi, nous sommes un peu obstinés. Nous avons la conviction qu’un bâtiment destiné à la collectivité doit également prendre soin de la collectivité au sens large : celle d’aujourd’hui et celle de demain. Cela passe par des matériaux plus vertueux, une conception bioclimatique, une consommation raisonnée des ressources, une attention portée au carbone, à l’énergie, à l’eau et au vivant.
Au fond, pour nous, ces deux préoccupations ne font qu’une. Un bâtiment socialement utile mais écologiquement négligent manquerait une partie de sa mission. Un bâtiment exemplaire sur le plan environnemental mais peu agréable à vivre manquerait également sa cible.
Notre ambition est donc assez simple : concevoir des lieux qui rendent service aux gens sans rendre service au dérèglement climatique.
C’est peut-être une forme d’obsession. Mais comme toutes les bonnes obsessions, elle nous semble parfaitement justifiée.